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La durabilité : Un cadre pour aider les entreprises à déclencher le changement

La durabilité : Un cadre pour aider les entreprises à déclencher le changement

Plusieurs études ont montré que « l'obligation morale » est un catalyseur insuffisant pour un vrai changement institutionnel. En effet, les décideurs font face à de multiples pressions internes et externes, ont différentes motivations expliquant leur comportement, et peuvent souvent se sentir pris au piège dans le cercle vicieux du maintient le statu quo. Pendant ce temps, le statu quo détruit nos océans, nos forêts et l’environnement - ce que nous appelons les « ressources communes ».

Avec Patricia Gabaldon (IE), notre travail de recherche « A Few Good Companies: Rethinking Firms’ Responsibilities Toward Common Pool Resources», publié dans le Journal of Business Ethicspropose un cadre pour aider les chefs d'entreprises, les institutions et les décideurs à engager des actions qui peuvent changer la façon dont nous nous servons de, et nous contribuons à la durabilité des ressources communes.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Le besoin de changement est clair : Considérant que les ressources communes ne sont pas infinies, si nous continuons sur notre trajectoire actuellement insoutenable, l'épuisement des ressources communes menace l'existence même des entreprises qui les utilisent – sans parler de la menace que la dégradation de l'environnement pose à la population mondiale. Les entreprises ont une responsabilité - à la fois morale et financière - de contribuer à la durabilité.

Cependant, la pression économique et les contraintes, la concurrence mondiale, les perspectives à court terme, et les attentes des actionnaires limitent les actions de nombreuses entreprises. Notre recherche décrit ce comportement non-durable en cours dans le monde de l'entreprise comme «piège social» - une situation dans laquelle un groupe de personnes agit pour obtenir des gains individuels à court terme, ce qui à long terme conduit à une perte pour le groupe dans son ensemble.

Quelles sont les échappatoires ?

John Platt, chercheur à l’origine du terme “piège social” en 1973, identifie 6 échappatoires :

1. Changer le délai de conversion des conséquences à long terme en conséquences les plus immédiates 

2. Ajouter des incitateurs pour encourager des changements rapides dans le comportement 

3. Changer l’étendue des conséquences à long terme 

4. Ajouter des incitateurs positifs à court terme 

5. Obtenir de l'aide extérieure dans le changement des incitateurs bloqués en boucle

6. Mettre en place une autorité subordonnée pour éviter les pièges

Mais si ces échappatoires peuvent être efficaces, il est d'abord important de comprendre ce qui motive la prise de décision des entreprises. En effet, elles peuvent contribuer à la durabilité des ressources communes, tout en étant entraînées par différentes raisons.

Pour cette étude, nous identifions quatre types d'organisation différentes : les Free Riders qui agissent uniquement dans leur propre intérêt et sont entraînés par la maximisation de leur profit à court terme ; les Followers sont sceptiques sur les avantages à long terme de comportements durables mais suivront pour se conformer à la réglementation ; Les Believers sont prêts à coopérer dans l'espoir que d'autres suivront ; les Altruists qui agissent de manière durable et croient vraiment et intrinsèquement aux avantages et aux conséquences positives de leurs actions et de leurs comportements.

Pour résumer, notre recherche combine les échappatoires de Platt avec cette typologie afin d’élaborer un cadre qui aidera à établir une distinction parmi les motivations des entreprises et de créer des solutions sur mesure pour que les entreprises contribuent à la durabilité des ressources communes.

 

Motiver les entreprises à agir de façon responsable avec les ressources communes n’est pas une tâche facile. Les entreprises peuvent être obligées de changer rapidement leurs actions, mais changer les motivations et les intérêts d'une entreprise prend du temps. Cependant, la compréhension des différences de motivations entre les entreprises justifie la recherche de solutions alternatives.

Notre papier prolonge la discussion sur les solutions et les politiques alternatives pour préserver les ressources communes pour les générations futures. Il offre des échappatoires qui enrichissent le cadre dans lequel on pense les responsabilités d'une entreprise à l'égard des ressources communes.

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