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La Coupe du Monde en direct : la télévision peut-elle inciter à faire plus de sport ?

La Coupe du Monde en direct : la télévision peut-elle inciter à faire plus de sport ?

De nombreux articles mettent en évidence les liens entre le fait de regarder la télévision trop régulièrement, l’augmentation de comportements sédentaires préjudiciables, l’accroissement de l’obésité et les répercussions sur la santé qui en découlent. Et si le tableau n’était pas uniquement noir ? Et si au contraire le fait de regarder du sport à la télévision nous incitait à sortir faire du sport ?

L’International Observatory of Sports Consumption (IOSC) de l’ESSEC vient de publier une étude qui pose précisément cette question : est-ce que la Coupe du monde peut encourager les Français à pratiquer plus d’activité physique ? En partenariat avec Toluna, l’IOSC a interrogé 13.387 personnes dans dix pays européens (France, Espagne, Danemark,  Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Suède, Roumanie et Royaume-Uni) sur leur nombre d’heures de pratique sportive et leur nombre d’heures passées devant la télévision. Les résultats sont surprenants, mais montrent que les médias peuvent être utilisés pour amener plus de jeunes vers le sport et pour promouvoir un style de vie plus actif et plus sain.

La Coupe du monde : un des évènements sportifs les plus suivis au monde

Les grands événements sportifs internationaux ont une très grande portée dans le monde par leur importance médiatique, financière et sociale. Ces 30 dernières années, les Fédérations Internationales ont développé leur savoir-faire et leur efficacité marketing, afin de promouvoir au mieux leurs événements, grâce notamment aux médias et aux sponsors.

Les groupes médias du monde entier s’arrachent les droits de la Coupe du Monde de football pour des montants toujours plus important : 130 millions d’Euros en France, environ 140 au Royaume-Uni en 2014…alors qu’ils étaient d’un peu plus de 4 millions d’Euros en 1998¹ dans ces deux pays ! En moins de deux décennies, la FIFA, comme les autres organisations leaders dans le domaine sportif, a réalisé un saut qualitatif époustouflant en termes de professionnalisation de la commercialisation de ses droits médias et marketing.

Un des revers de médaille de cette montée en puissance médiatique et marketing des Fédérations et des méga événements est l’amplification des contestations virulentes liées aux investissements imposés et aux bénéfices engrangés par les organisations faîtières. Sans surprise, les sommes colossales en jeu accentuent considérablement l’impact émotionnel et social des critiques relatives à ces évènements.

Le football est-il vraiment le sport le plus populaire au monde ?

Même si le football est largement reconnu comme le sport le plus populaire au monde en termes d’audience télévisuelle; en réalité relativement peu de personnes semblent s’adonner ce sport. L’étude de l’IOSC montre que, si 77% des Français affirment pratiquer un sport au moins une fois par semaine, seulement 5 % jouent au football. Si le football est un sport populaire, il est largement dépassé par des sports plus accessibles, qui peuvent être pratiqués dans des espaces publics (course, cyclisme), individuellement (natation, fitness, gymnastique) ou avec un partenaire (tennis). Selon la FIFA, au niveau mondial, seulement 265 millions de personnes jouent au football ; ce qui représente un peu plus de la moitié du nombre de ceux qui jouent au basket.

Que cela signifie-t-il pour l’avenir du football ? Les instances dirigeantes du football doivent sans aucun doute mettre leur savoir-faire marketing au service du développement de la pratique du football et décorréler  l’envie de faire du foot des résultats des équipes nationales locales.

Regarder la télévision peut-être bon pour la santé

Certes la tenue de des événements sportifs planétaires doit être repensée en fonction des nouvelles donnes sociales, économiques et environnementales, mais il ne faudrait pas occulter que ces grands événements constituent des opportunités fortes pour remettre la jeunesse du monde en mouvement. Les Fédérations Internationales et Nationales ont en effet une  carte stratégique et sociétale déterminante à jouer en ce sens. Un des héritages majeurs de ces compétitions serait d’aider à développer, au sein du pays organisateur et au-delà, une culture de la santé par le sport. Inspirer une plus grande participation aux activités sportives pourrait être un élément déterminant au cœur des dossiers de candidature des pays à l’organisation des grands événements. L’effet recherché est d’autant plus réaliste que la diffusion de sport dans les médias audio-visuels encourage une frange non négligeable des téléspectateurs à pratiquer plus de sport.

D’après l’Observatoire International de la Consommation Sportive (IOSC) de l’ESSEC, 16% des téléspectateurs français des Jeux Olympiques de Sotchi 2014 ont eu envie de faire plus de sport après les compétitions, dont 7% déclarent avoir envie de faire du football. Si la large diffusion des Jeux Olympiques d’hiver inspire la pratique d’un sport aussi éloigné du ski, de la luge ou du patinage que le football, nous pouvons supposer que des centaines de milliers de personnes à travers le monde vont avoir envie se mettre au football après la Coupe du Monde.

Cette hypothèse est d’autant plus séduisante que la médiatisation de la Coupe du Monde de football est impressionnante : 3,2 milliards de personnes dans le monde ont regardé au moins une minute de la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud[1]. Et en 2014 au Brésil, les chiffres attendus vont bien au-delà.

La cérémonie d’ouverture a d’ores et déjà battu des records dans de nombreux pays, avec plus de 70 millions de téléspectateurs en moyenne en Europe, près de 43 millions au Brésil et des pics de 25 millions aux Etats-Unis. Avec de telles audiences, la Coupe du Monde offre une opportunité véritable d’inspiration de la pratique du football quasiment partout dans le monde.

Mais pour s’assurer de l’impact des grands événements sportifs sur la pratique sportive et la réduction de la sédentarité, il faut continuer à mesurer son impact de façon longitudinale et homogène au niveau international. Cela n’a été que trop peu réalisé, trop ponctuellement et trop localement. C’est à ce niveau que l’IOSC de l’ESSEC s’engage à contribuer. Cette ambition repose sur une conviction forte : « ce qui n’est pas mesuré ne peut être développé de façon efficiente ».

Lisez l'étude complète.

Infographie



[1] Chiffres FIFA

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