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Les 9 défis des coopératives agricoles françaises

 Les 9 défis des coopératives agricoles françaises

Depuis 15 ans, les coopératives agricoles françaises ont gagné 7 points de part de marché par rapport aux entreprises de capitaux. Avec une production valant 85 milliards d’euros et 160 000 salariés, les 2 500 coopératives agricoles, unions et leurs filiales transforment 40% de la production agricole française. Elles développent des emplois sur l’ensemble du territoire.

Evidemment, les coopératives ont un énorme potentiel, à la fois pour leurs membres ainsi que pour les économies environnantes. Cependant, pour vraiment être développés, elles doivent surmonter plusieurs obstacles dans les prochaines années. 

  • Maintenir un statut spécifique pour les coopératives agricoles et une fiscalité adaptée en contrepartie de contraintes spécifiques comme l’exclusivité de leurs opérations économiques pour leurs membres.
  • Faire de leurs associés coopérateurs les acteurs du développement de leur projet coopératif. Il essentiel de les former, de les informer et de les amener à élaborer leurs décisions pour adapter la coopérative aux changements de l’environnement économique et social et pour saisir des opportunités de création de valeur.
  • Apporter une lisibilité économique et sociale à leur projet coopératif pour toutes les parties prenantes : associés coopérateurs, salariés, partenaires industriels et commerciaux, financeurs externes, collectivités territoriales et consommateurs.
  • S’ajuster à la demande des marchés de matières premières agricoles, d’ingrédients et de produits de grande consommation, en France, dans l’Union Européenne et à l’international hors Europe. C’est la base de la réussite économique : entrevoir les changements de l’environnement, notamment de ses fournisseurs, de ses clients et des clients de ses clients.
  • Maintenir des services locaux, proches de leurs adhérents. La coopérative peut continuer à maintenir des services locaux, même si des économies d’échelle exigent une organisation centralisée.
  • Mener des stratégies de création de valeur – par la réduction des coûts et par l’innovation - en aval des filières y compris des implantations industrielles à l’international, seul ou avec d’autres. Savoir décider et gérer les implantations industrielles à l’international est crucial : faut-il pousser plus loin leurs implantations industrielles à l’étranger, qui peuvent s’accompagner de fermeture d’usine en France ?
  • Améliorer son pouvoir de négociation avec ses clients (industriels, grande distribution), y compris en mettant en avant les valeurs portées par la coopération… à l’heure où la grande distribution française concentre ses forces avec 4 groupements d’achats pour 89% des produits alimentaires de marques vendues en GMS en France.
  • Arbitrer de manière lisible et non conflictuelle entre la rémunération du produit agricole, la rémunération des financements externes et l’autofinancement. Pour prévenir des conflits d’intérêts entre associés coopérateurs et financeurs extérieurs, la gouvernance d’une coopérative et de ses filiales peut : clarifier les droits de propriété sur la rémunération de chacun, adopter une rémunération du produit agricole ne dépendant pas d’une décision politique des associés coopérateurs, renforcer les intérêts communs aux associés coopérateurs et investisseurs extérieurs.
  • Financer les projets de développement des coopératives et de leurs filiales. Il s’agit de mobiliser les associés coopérateurs, les établissements financiers privés et publics et les collectivités territoriales (UE, régions).

Le lien entre les coopératives agricoles et leurs associés est fondamental. Chaque associé coopérateur doit comprendre le fonctionnement d'une coopérative, ses enjeux et ses potentialités. L’associé coopérateur est moteur de l’activité de la coopérative par le capital social et le produit agricole qu’il apporte et par son implication dans les organes de gouvernance.

7 groupes coopératifs agricoles français sont dans le top-20 européen. Leur taille est encore modeste, mais ils s’agrandissent rapidement pour réaliser des économies d’échelle et améliorer leur pouvoir de négociation sur les marchés. Ils sont en train de rattraper les plus grands groupes coopératifs, dans 50% des cas par des fusions et acquisitions. Les coopératives agricoles françaises créent de structures nouvelles parfois très complexes avec des filiales en France et à l’étranger. Ces structures peuvent être difficiles à gérer pour leurs adhérents qui peuvent se sentir loin de ces grands développements. Elles entreprennent en gérant leurs risques tout en ayant de nombreux défis à relever pour créer de la valeur pour leurs membres et leur environnement économique !

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